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Préavis de démission en CDI : durées, dispense, erreurs à éviter (2026)

Tout sur le préavis : durée légale par poste, possibilité de dispense, conséquences financières, et modèle de lettre de démission.

Il n'y a pas de préavis légal général

Le Code du travail ne fixe PAS de durée de préavis de démission pour les CDI — contrairement au licenciement. La durée est déterminée par la convention collective, l'accord d'entreprise, le contrat de travail, ou les usages de la profession (dans cet ordre de priorité). Vérifiez toujours votre convention collective avant de démissionner.

Durées typiques par convention collective

Syntec (informatique, conseil) : 1 mois (ETAM), 3 mois (cadres). Bâtiment : 1 semaine à 1 mois. Métallurgie : 1 à 3 mois selon position. Commerce de détail : 1 à 2 mois. Hôtellerie-restauration : 1 semaine à 2 mois. Ces durées s'appliquent peu importe votre ancienneté — à la différence du préavis de licenciement. Un cadre qui démissionne après 15 ans ou 2 ans partira sous le même délai.

La dispense de préavis

Deux cas : 1) Négociée à l'amiable avec l'employeur — il vous autorise à partir immédiatement, mais n'est pas tenu de vous payer le préavis non effectué. 2) Imposée par l'employeur — vous êtes libéré contre votre gré, vous devez être payé de votre préavis (indemnité compensatrice). Si vous demandez et qu'il refuse, vous devez rester travailler sous peine de devoir des dommages-intérêts — rare mais possible.

Comment rédiger votre lettre de démission

Formule simple : « Madame/Monsieur, Par la présente, je vous informe de ma décision de démissionner de mes fonctions de [poste]. Mon préavis légal de [durée] commence à la date de réception de ce courrier. Mon dernier jour de travail sera le [date]. Je vous remercie pour [ces X années/cette expérience] au sein de [entreprise]. Cordialement, [Signature] ». Envoi : LRAR (lettre recommandée avec accusé de réception) OU remise en main propre contre décharge.

Les erreurs classiques

1. Démissionner oralement sans écrit — juridiquement invalide, risque de requalification en abandon de poste. 2. Mentionner les raisons dans la lettre (conflits, désaccords) — évitez, restez sobre. 3. Partir avant la date convenue — risque de poursuite pour préjudice. 4. Ne pas demander par écrit les éléments dus au solde de tout compte. 5. Oublier de formaliser les congés non pris — à demander en compensation financière.

Pendant le préavis : vos droits

Le salarié reste un salarié à part entière : salaire intégral, droit aux congés payés acquis, et — bonus méconnu — droit à 2h/jour pour chercher du travail (les « heures pour recherche d'emploi »), dans la limite de 50h/mois. Modalités : prévues par la convention collective ou accord d'entreprise. Certaines entreprises les rendent cumulables : 10 jours de recherche d'un coup en fin de préavis. Négociez avec votre manager.

Démission puis rétractation : possible ?

La démission doit être « claire et non équivoque » pour être valide. Si elle a été donnée sous colère, pression, ou erreur manifeste, elle peut être annulée par le conseil de prud'hommes — mais en pratique, très difficile à obtenir. Stratégie : dans les 48h après l'envoi, écrire à l'employeur en demandant à retirer la démission. S'il accepte, aucun problème ; s'il refuse, le juge peut donner raison à l'employeur sauf faute caractérisée de sa part.

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